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La peur du vide

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La peur du vide s’apparente à une obsession quantitative. Il faut remplir, tout remplir pour ne pas se sentir dans un vide imaginaire. Le vide s’oppose au plein comme le spirituel au matériel, l’oisiveté au travail, le repos à l’activité, l’ennui à la folie, l’idéal politique à la politique-politicienne ou encore l’être à l’avoir.

Libération parlait il y a peu d’une société du « trop plein ». Il y aurait un refus des valeurs non matérialistes qui apporteraient peu à peu la destruction de ce monde. Toute nos civilisation consumériste est une histoire de trop plein. Il faut sans cesse remplir le frigo, le réservoir, les batteries agricoles, les bateaux, les rayons… et surtout, nos agendas. Remplir permet de lutter contre la peur de l’angoisse, contre la peur du vide. L’idée de toujours tout remplir marque aussi la chute des idéaux, des grandes idées, de la réflexion, du temps d’instruction. Il s’agit de produire, de ne jamais s’arrêter, de toujours être en mouvement pour ne pas se questionner soi même.

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Nier le vide, l’oisiveté, l’instruction, les idéaux, la spiritualité, c’est risquer son retour de manière tragique. Une civilisation pressé met sur le coté nombre de personnes et de groupes qui finiront de toutes manières par se raccrocher au train. Mais ce retour peut se faire dans la violence comme le montre les attentats du 11 septembre qui sous le nom de grands idéaux à fait passer les intérêts de quelques rebus du monde occidental.

Cela nous amène à comprendre, qui la vie ne doit pas être une simple accumulation afin de combler un vide oppresseur. Le vide n’est pas négatif, il est bon pour la construction de chacun d’entre nous. La retour du vide en tant que réflexion, que sobriété, que pouvoir créateur est à espérer. Le vide a un pouvoir créateur car il est le temps libre, le plaisir des discussions, des actes gratuit, il est la base de ce que devrait être une société du rapport humain et du « vivre avec »….

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La peur

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La peur est aujourd’hui un fait de société. La peur se répand comme jamais au sein de chacun de nous. Elle englobe nos relations à notre environnement, notre travail, nos relations personnelles. Cette peur est un fait de société aussi car c’est un acte de idéologique, un acte de gouvernement.

La peur est définissable dans un premier temps à son opposition vis-à-vis de l’angoisse comme le montre Heidegger. Elle s’y oppose car l’objet de la peur est la plupart du temps connu du sujet tandis que l’angoisse apparait comme étant de nature imprévisible. La peur se caractérise aussi non pas comme la frayeur dans un instantané, mais dans une appréhension de l’avenir, dans une peur de ce qui va ou pourrait nous arriver. Lorsque notre entreprise nous licencie, nous n’avons pas peur de ce licenciement en tant que tel mais de ce qui va advenir de notre emploi, de nos revenus, de notre famille.

La peur vient du terme pavor d’où découle pavere « être frappé d’épouvante », pavire « battre la terre pour l’aplanir » et paver « niveler la terre ». Ainsi, la peur est une action qui rend indifférent, qui nous aplanit, nous nivèle, nous inhibe dans nos réactions physiques comme intellectuelles. La peur, « à la différence de l’angoisse prive de pensée » selon Catherine Malabou, philosophe française contemporaine.

La peur se décompose en quatre catégories. Il y a ainsi la peur de la perte, celle d’un proche, d’un bien, d’une condition de vie…, l’abandon, la peur de la solitude, de l’oubli…, la mutilation, l’accident, la blessure, la torture… et enfin l’humiliation, le dénie de soi, l’abaissement…. Ces quatre facettes de la peur sont liable à la peur qui les rassemble, celle de la mort, qui regroupe ces quatre peurs. Ces peurs sont toutes en contact avec l’idée de relation. Elles touchent toutes à notre « vivre avec ».

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Cela nous amène aux nouvelles peur que la société industrielle comme postindustrielle nous impose. Ces peurs ont pour objet la santé avec les virus mondiaux, la technologie avec le nucléaire, les nanotechnologies… mais aussi l’environnement, le travail, le stress…. La peur devient une façon de gouverner, de garder les privilèges, de passer outre la doctrine des Lumières. Cette doctrine que Kant nous a apporté qui voulait que les êtres mineurs, les gouvernés deviennent majeurs et sortent de la tutelle des classes gouvernantes pour se gouverner soi même. En fait, l’on revient sur l’idée que le peuple est souverain. On refuse que chacun décide par soi même et pour cela on intronise la société de la peur, de la soumission à ceux qui nous assurent sécurité matérielle et physique au détriment de la sécurité intellectuelle, de la sécurité par la liberté.

Hegel put ainsi parler des esclaves comme de ceux qui vivent sous le régime de la peur, ceux qui préfèrent vivre soumis que libre. La peur est ici inscrite comme la démarcation des régimes totalitaires vis-à-vis de la démocratie. Mais aujourd’hui, plus grand-chose ne démarque ces deux régimes, entre totalitarisme avoué et démocratie de la peur, la frontière est mince.

Cependant, la peur à ces vertus. Elle permet de combattre ce qui nous semble mauvais, ce qui nous fait peur, on pourrait en fait, rechercher et traquer les raisons de cette peur. On pourrait l’utiliser pour chasser l’extrémisme politique, dont on a peur. On pourrait l’utiliser pour chasser le gâchis productiviste pour lutter contre le changement climatique. On pourrait rendre notre organisation politique démocratique, de peur de perdre nos valeurs….

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